Vous voulez des images aériennes pour un film, un clip ou un spot. Pour un tournage par drone à La Réunion, ce n’est pas la caméra qui décide de ce qui est possible, c’est le cadre réglementaire. Un drone qui décolle au-dessus d’une plage, d’un piton ou d’une rue de Saint-Denis ne vole pas sous le même régime, et ce régime fixe la hauteur, la distance aux personnes et les autorisations à obtenir.

Le cadre de référence est le règlement d’exécution (UE) 2019/947, applicable depuis le 31 décembre 2020 et supervisé en France par la DGAC via la plateforme AlphaTango.

Trois catégories, et laquelle concerne votre tournage par drone

Le texte européen classe toute opération dans trois catégories selon le niveau de risque : Ouverte, Spécifique, Certifiée.

  • Ouverte : opérations à faible risque, sans autorisation préalable. Classes C0 à C4, masse maximale de 25 kg, vol en vue directe, hauteur maximale de 120 mètres au-dessus du sol.
  • Spécifique : opérations à risque modéré. C’est la catégorie la plus courante pour un usage professionnel en ville.
  • Certifiée : opérations à risque élevé, hors du champ d’un tournage classique.

La catégorie Ouverte se divise en trois sous-catégories :

  • A1 : drones C0 (moins de 250 g) ou C1 (moins de 900 g). Le survol de personnes isolées est toléré en C0.
  • A2 : drones C2 (moins de 4 kg). Distance horizontale minimale de 30 mètres des personnes non impliquées, réductible à 5 mètres en mode basse vitesse. Certificat de compétence A2 exigé.
  • A3 : drones C2, C3 ou C4. Vol interdit dans les zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives, et à 150 mètres minimum des zones urbanisées.

Pour un tournage par drone en zone bâtie, avec du public au sol, la catégorie Spécifique est la voie normale. Elle s’ouvre de trois façons : un scénario standard, une autorisation opérationnelle délivrée par la DGAC après évaluation de risque SORA, ou un certificat d’exploitant léger (LUC). Les scénarios standard sont STS-01, en vue directe au-dessus d’une zone au sol contrôlée, avec un drone de classe C5 et une hauteur plafonnée à 120 mètres, et STS-02, hors vue. Le CATS, certificat d’aptitude théorique aux scénarios standard, est obligatoire dans cette catégorie.

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Les anciens scénarios nationaux français S1, S2 et S3 n’existent plus. Ils sont remplacés par les scénarios standard européens STS-01 et STS-02, et les habitudes de travail qui reposaient sur eux doivent être reprises sur base européenne.

Un arrêté du 23 décembre 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, ouvre une possibilité nouvelle à un exploitant professionnel déclaré, disposant d’un SIRET et d’un enregistrement AlphaTango : voler en catégorie Ouverte au-dessus de l’espace public en zone bâtie, en sous-catégorie A1 ou A2, avec un drone de classe C0, C1 ou C2. Une déclaration préalable reste obligatoire, via le formulaire Cerfa 15476, déposée plusieurs jours ouvrés avant le vol. Les drones C3 et C4 restent exclus. Un pilote de loisir, lui, demeure interdit de survol de l’espace public en zone bâtie.

Ce que l’exploitant doit avoir en règle

Ces obligations ne dépendent pas du client, mais elles conditionnent la date à laquelle un tournage par drone peut se faire.

  • Enregistrement comme exploitant européen d’UAS sur AlphaTango dès que le drone pèse plus de 250 grammes, ou qu’il est équipé d’une caméra ou d’un micro. L’enregistrement génère un numéro à apposer sur chaque drone.
  • Dispositif de signalement électronique pour les drones de plus de 800 grammes, et pour tous les drones évoluant en catégorie Spécifique depuis le 1er janvier 2024.
  • Assurance responsabilité civile professionnelle, conformément au règlement (CE) 785/2004, avec une couverture minimale d’environ 750 000 droits de tirage spéciaux pour un drone jusqu’à 500 kg.
  • Télépilote formé et titulaire des certificats correspondant à la catégorie et au scénario mis en oeuvre.

Une nuance compte : il n’existe pas d’obligation unique de passer par un télépilote certifié. Un drone C0 se pilote sans certificat A2. En A2 ou en Spécifique, la formation devient la règle.

Zones interdites et zones sous autorisation

Le dernier filtre, c’est la carte. Avant chaque vol, le télépilote consulte les NOTAM et vérifie les zones actives sur AlphaTango et Géoportail.

  • Zones P : survol interdit.
  • Zones R : survol soumis à autorisation.
  • Zones de contrôle des aérodromes : contraintes fortes, souvent incompatibles avec une prise de vue.
  • Parcs nationaux et réserves naturelles : restrictions spécifiques, souvent une interdiction sauf dérogation préfectorale.
  • Zones littorales et maritimes : régime particulier, à vérifier au cas par cas.

À La Réunion, cela se traduit par des arbitrages concrets : une séquence sur un piton ou un rempart se prépare avec la même rigueur qu’une séquence urbaine, et un vol autorisé un jour peut être refusé le lendemain si une zone devient active.

Parlons de votre projet

Wopé est une maison de production audiovisuelle basée à La Réunion. Nous opérons dans ce cadre réglementaire et partageons ce que nous appliquons, sans jouer aux juristes. Si vous préparez un tournage par drone, parlez-nous-en tôt : la catégorie, le scénario et les zones se décident avant le repérage.

Décrivez-nous votre projet sur notre page contact, et retrouvez nos prestations de tournage à La Réunion ainsi que le reste de notre journal. Pour le détail officiel des règles, consultez les pages du ministère sur la catégorie Ouverte et la catégorie Spécifique.