On ne fait pas de l’humour gentil. Quand on écrit une vanne chez Wopé, on pense à Choron, à Coluche, à Bertrand Blier, à Groland — ceux qui faisaient rire en dérangeant. Voilà la lignée qu’on revendique, et ce que ça donne quand on tourne à La Réunion.
Le Professeur Choron — l’irrévérence comme principe
Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». L’idée que rien n’est sacré, surtout pas le bon goût. C’est de là qu’on tient l’envie de gratter là où ça gêne, plutôt que de lisser pour plaire.
Coluche — le rire qui cogne
Le mec qui se présente à la présidentielle pour foutre le bordel, puis monte les Restos du Cœur. Drôle et utile en même temps. C’est ce mélange-là qu’on vise : faire marrer sans s’excuser, mais avec quelque chose dessous.
Bertrand Blier — le malaise comique
« Les Valseuses », « Buffet froid ». Le rire qui vient de l’inconfort, des personnages qu’on ne devrait pas trouver attachants. Une école qu’on assume dans nos fictions.
Groland — la satire absurde (et un lien direct)
Benoît Delépine et Gustave Kervern ont inventé un pays pour mieux se moquer du nôtre. Et ce n’est pas qu’une référence lointaine : Gustave Kervern a tourné avec nous dans Au fond du trou, notre court métrage sur les Enfants de la Creuse. La filiation, chez nous, finit par se croiser pour de vrai.
Ce que ça donne chez Wopé
Notre premier long métrage, Y’en a des biens, c’est une comédie satirique punk avec Didier Super. Pas un hasard de casting : c’est exactement cette tradition — Choron, Coluche, Blier, Groland — transposée à La Réunion, avec notre accent et nos décors.
On vient de cet humour-là. On ne s’en cache pas, on en fait des films.



